Partie ailleurs.


Par là.

# Posté le mercredi 17 décembre 2008 16:57

Modifié le lundi 05 janvier 2009 10:53

Ничево не хочу, человек.

 Ничево не хочу, человек.





Des rires et des hauts le c½ur, mais surtout pas d'ivresse. Le temps
passe comme une caresse, efface mensonges et promesses. Je
m'y reprends parfois, aux idées grotesques, vaines élucubrations,
je me déteste. Dans le froid de décembre, le sens-tu le mal du siècle ?




# Posté le jeudi 11 décembre 2008 08:56

Moi aussi ça m'enerve de finir en poussière


Et puis crever comme les chiens qu'on est. On avait pas d'avenir, seulement des années de galère devant nous. Vingts petits cons avec vingts petits flingues de tafioles, et c'en était fini de nos rêves de gangsters à la manque. J'oublierais jamais tu sais, ce sursaut au fond du bide quand t'éclate une vitrine, que tu te fous 20 000 dans les poches en moins de quinze seconde, avec ce métal qui t'alourdis même pas les poches. Et tu cours. Tu cours, et ces connards de flics te courent après, comme les clébards qu'ils sont.
Le presque orgasme qui te prend les ovaires quand tu sens le canon sur ta tempe, le coeur qui fait BOUM ! quand tu comprends que le bleu un peu verreux qui te tiens en joue va t'en foutre une en pleine tête. Le froid de la balle qui t'éclate le cuir chevelu. Et le rien, ce rien qui t'avale pour toute une putain d'éternité. Jusqu'à la prochaine bataille.





                                                                 Moi aussi ça m'enerve de finir en poussière

# Posté le mardi 25 novembre 2008 15:07

Ils m'agacent à s'extasier sur les étoiles, à les magnifier, les personnifier presque. Après tout quand on y pense, c'est juste des trucs qui crament.

Ils m'agacent à s'extasier sur les étoiles, à les magnifier, les personnifier presque. Après tout quand on y pense, c'est juste des trucs qui crament.
CHOISIR LA VIE. CHOISIR UN BOULOT. CHOISIR UNE CARRIÈRE. CHOISIR UNE FAMILLE. CHOISIR UNE PUTAIN DE TÉLÉ A LA CON. CHOISIR UNE MACHINE A LAVER. DES BAGNOLES. DES PLATINES LASER. DES OUVRE BOITES ÉLECTRONIQUES. CHOISIR LA SANTÉ. UN FAIBLE TAUX DE CHOLESTÉROL ET UNE BONNE MUTUELLE. CHOISIR LES PRÊTS A TAUX FIXE. CHOISIR SON PETIT PAVILLON. CHOISIR SES AMIS. CHOISIR SON SURVET ET LE SAC QUI VA AVEC. CHOISIR SON CANAPÉ AVEC LES DEUX FAUTEUILS LE TOUT A CRÉDIT AVEC UN CHOIX DE TISSUS DE MERDE. CHOISIR DE BRICOLER LE DIMANCHE EN RÉFLÉCHISSANT AU SENS DE SA VIE. CHOISIR DE S'AFFALER SUR CE PUTAIN DE CANAPÉ ET SE LOBOTOMISER AUX JEUX TÉLÉS EN SE BOURRANT DE MAC DO. CHOISIR DE POURRIR A L'HOSPICE ET FINIR EN SE PISSANT DESSUS DANS LA MISÈRE EN RÉALISANT QU'ON FAIT HONTE AUX ENFANTS NICKES DE LA TÊTE QU'ON A PONDUS POUR QU'ILS PRENNENT LE RELAIS. CHOISIR SON AVENIR. CHOISIR LA VIE.




Pourquoi je ferais une chose pareille ? J'ai choisi de ne pas choisir la vie.
J'ai choisi autre chose. Les raisons ? Y a pas de raisons.
On a pas besoin de raisons quand on a l'héroïne.




# Posté le samedi 22 novembre 2008 16:26

Modifié le mardi 25 novembre 2008 11:19

Une longue et profonde Plainte, comme le Hurlement de l'Orgue

Une longue et profonde Plainte, comme le Hurlement de l'Orgue



Un crépitement de braise


L'orage atténuait la conflagration. Les flammes léchaient encore les immeubles, rétrécissant à vue d'½il. Tout semblait calme, apaisé. La pluie continuait de tomber. La ville, détruite, incinérée était le théâtre, la scène même d'une tragédie où gisaient de nombreuses carcasses métalliques encore rougies par la brulante morsure de l'incendie. A la manière d'un bronzage marquant la blanche peau d'une jeune fille, de celle qui n'avait que trop peu vu le jour. Le silence troublé par les longues plaintes des bâtiments s'écroulant, s'imposait majestueusement. L'ancienne cité, maintenant ruine, luttait dans un dernier effort, afin de ne pas succomber dans la Poussière et l'Oublie, contre la mort. Les réserves de pétroles restantes commencèrent à fuir, elles explosèrent dans un immense fracas puis, plus rien. La ville était devenue tombeau. Tombeau où des milliers d'êtres avaient péri, où chaque animal et chaque homme avait aperçu la sublime clarté de la Mort. Ils l'avaient vu à travers la combustion de leurs corps, à travers l'ébullition de leurs peaux, à travers l'assèchement, à travers la caresse de la flamme léchant avidement leurs tendres chaires comme une ultime danse, un ultime ballet, pour le morceau final. Mais au-delà du crépitement de feu, dans les décombres, au sein du lieu où la bataille des éléments se déroulait encore, seul, un homme, un homme projette son esprit et sa détresse dans l'air, ses mains caressant furieusement, sous l'immense dôme de la cathédrale, le clavier d'ivoire de l'orgue.

*

Le temps n'existe plus, seules les notes qui résonnent l'assurent qu'il est en vie. Il joue encore et encore, jusqu'à ce que ses mains soient en sang. Il s'arrête alors, vidé, perdu, il s'avance vers la grande porte de fer, mais il sait d'avance ce qu'il verra derrière. La mort. Les flammes. Le sang. Dans un dernier effort, il pousse chacun des pans, avec l'énergie du désespoir. Devant ses yeux, la ville agonise. Il pousse un hurlement bestial, rauque, qui porte dans la cité toute entière, traversant chaque avenue, chaque pont, écorchant le toit de chaque bâtisse tenant encore debout. Sans même avoir à chercher dans les décombres, il sait déjà qu'il est seul. Il est le seul être vivant dans cet immense étendue de néant. Lorsque la Femme s'approche de lui, à pas lents, traînant ses pieds comme des chaines, il n'est pas troublé. Elle n'est pas humaine. Ses grands yeux blancs ne l'effraient pas, il l'attendait. Sa peau blanche est déchirée. Le sang sur sa peau, dans ses cheveux, et sur ses lèvres. Il l'attendait.
«- Ton nom.
- Je suis l'Homme. Je suis le survivant.
- Personne ne survit.
- Vous êtes la Mort, n'est-ce pas ?
- Je suis tout ce qui est, et tout ce qui fût. Je ne suis plus ce qui sera, car rien ne sera plus jamais. Ceci est la fin de tout, l'Apocalypse, comme vous l'appelez dans vos livres. Je suis la souffrance que toi et tes semblables avez infligée à votre Mère. Je suis ton avenir, je suis ton ultime promesse.
Elle s'approche alors de lui, et lèvres contre lèvres, elle aspire le dernier homme, pour achever sa vengeance. Le corps de l'Homme tombe en poussière, balayé par la tempête.

Et lorsque la Mort t'offrira ton ultime baiser, tu seras à jamais poussière. Car tu es né poussière, et tu retourneras à la poussière.




Première partie: Stanz.
Seconde partie: Lux.

# Posté le mercredi 01 octobre 2008 12:57